| Laureline Koenig | |||
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La parole vient toujours dire autre chose que ce qu'elle semble dire. Derrière les mots se dressent d'autres mots, se dressent des émotions, des mémoires, des joies et des défaites. Et pour moi le conte vient nous parler de ce monde de derrière les mots. Il est vrai que le conte endort ! Il endort notre vigilance, défait nos barrières pour mieux sadresser à ce quil y a de plus sincère en nous. Les contes m'accompagnent
depuis longtemps. Les traditions orales sont pour moi la mémoire
de lhumanité ; la mémoire de son histoire, en conservant
les noms des hommes et des faits marquants de chaque peuple ; la mémoire
de son cheminement, en conservant la trace de sa perception du monde
au travers des âges ; la mémoire delle-même,
en ramenant les hommes à lessentiel. Les contes étaient
déjà là dans mes jeux d'enfants et mes poupées
n'étaient pas des poupées mais Gaïa, Héphaïstos
ou Persée et pendant des heures je contemplais les ogresses des
livres de Nacer Khémir. A une époque où la parole est aussi aléatoire quun souffle de vent, où lon communique sans se rencontrer, où chacun se ferme sur son identité, réelle ou imaginaire, j'ai le souhait de porter cette parole de lien qu'offre le conte, une parole sincère, que lon puisse croire et sur laquelle on puisse sappuyer. |
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