| Réflexion pour une collecte de contes | |
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De nombreuses personnes luttent, se révoltent, manifestent, se lancent en politique ou en résistance. Nous, nous racontons des histoires. Durant quelques instants, nous racontons la beauté d'une humanité qui se cherche, chemine, questionne ; parce qu'il est capital qu'à côté de ceux qui se soulèvent, qui dénoncent le pire, on puisse continuer à chanter le meilleur. Et les contes ont tant à nous enseigner ! Ils sont la mémoire du monde et en savent long sur nous même Collecter la voix de ceux qu'on entend peu, dont on connaît les malheurs, sans en savoir les joies et les rêves. Dont on ne connaît parfois tout simplement rien ! On ne meurt pas simplement d'être tué mais aussi de ne plus être reconnu et intégré dans ses dimensions émotionnelles, culturelles, spirituelles. La Compagnie se nomme : Bagan. Bagan, ce sont les piliers des tentes mongoles, symboles de lien, représentations de l'arbre de vie, liens entre les vivants et les morts, le passé le présent et le futur. Elle est faite pour aller sur les chemins du monde, pour écouter, transmettre, recueillir, porter. Les contes vont à une parole porteuse de sens. Dans les conflits, petits ou grands, bien souvent la parole n'a plus de place, on ne peut plus écouter l'autres parce qu'entre nos mots se dressent nos maux, se dressent des murs. La parole court alors le risque de devenir menteuse, voleuse, tyrannique ; de devenir cris quand elle n'est plus entendue, insensée devant l'indicible. Le conte n'affronte pas de face, il prend toujours un autre chemin, un chemin détourné, masqué. Ce n'est pas une parole contre mais une parole avec : avec notre humanité, avec nos doutes, avec nos joies. Avec l'autre aussi, puisque dans le fond, notre difficulté d'être au monde vient de ce que nous sommes des êtres de liens et qu'il nous faut sans cesse nouer ces liens, par dessus et malgré nos gouffres. Les contes nous offrent le champ d'une parole dicible et recevable, sans être une parole légère. Ils ne parlent que de l'être intérieur. La magie étant que chaque tradition, chaque porteur d'histoire va parler de cet être intérieur d'une manière très personnelle, unique. Voilà mon
souhait, découvrir comment la parole des contes à fleuri
dans les montagnes et aux bords des mers du monde, et permettre que
cette parole puisse fleurir encore. |